Entrepreneuriat social : un avenir pour l’économie !

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Aujourd’hui, force est de constater que le principal problème de chaque pays en crise est l’économie sociale. Et c’est surement pour cela que depuis les années 1990, que l’entrepreneuriat social connaît un tel essor à l’échelle mondial. En effet, cette nouvelle forme d’entrepreneuriat contribue réellement dans la croissance économique d’un pays, et peut donc être une solution efficace aux différentes crises économiques. Comment et pourquoi ? Nous y répondons dans notre dossier.

 

Quelques définitions

Pour commencer, il est important d’apporter une véritable définition à l’entrepreneuriat social. Bien qu’il n’existe pas encore une définition officielle de l’entrepreneuriat à l’heure actuelle, sachez quand même que depuis sa démocratisation, plusieurs spécialistes ont donné leur avis sur le sujet. 

  • Selon le MOUVES ou Mouvement des entrepreneurs sociaux : 

« L’entrepreneuriat social consiste à créer une activité économique viable pour répondre aux besoins sociaux et environnementaux (accès aux soins, aux énergies, au logement, gâchis à grande échelle, chômage de longue durée, circuits courts, bio, croissance verte, etc.). »

« L’entrepreneuriat social est une manière d’entreprendre qui place l’efficacité économique au service de l’intérêt général. Quel que soit le statut juridique des entreprises (association, coopérative, SAS …), leurs dirigeants font du profit un moyen, non une fin en soi. »

  • Selon Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix en 2006 : 

« L’entrepreneuriat social, ce n’est pas de la charité ni de la philanthropie. C’est un système qui a pour but de résoudre les problèmes des populations au quotidien sans faire de dividendes. Tous les bénéfices que nous générons servent à améliorer leurs conditions de vie ».

 

 Tous s’accordent donc à dire que l’entrepreneuriat social repose sur une volonté de placer l’efficacité économique pour le bien de la société, et de l’environnement. Souvent, nous avons tendance à penser qu’une entreprise sociale est juste à vocation humanitaire, cependant, elle peut très bien œuvrer pour proposer des solutions aux problèmes sociétaires, et environnementaux actuels. 

 

Notre définition

Nous allons essayer de vous apporter une définition plus simple. Tout d’abord, en termes de terminologie, l’entrepreneuriat social associe deux mots : entrepreneur et social. L’entrepreneur est une personne qui a la volonté de créer sa propre entreprise, mener à bien son propre projet, sortir des sentiers battus, et atteindre des objectifs économiques (la rentabilité de son entreprise entre autres). Le social, lui, fait référence à tous les individus dans une même société. Tout individu qui œuvre dans le social est à la recherche d’un bien-être public, ce qui implique plusieurs autres facteurs (environnement, santé, etc.). Une fois les deux termes assemblés, nous pouvons donc parler d’initiatives entrepreneuriales, à but lucratif, mais dont l’objectif est de réaliser des profits au service de l’intérêt général et non d’une seule personne. 

 

Projet économique et social ?

Si l’économie et le social ont été souvent perçus comme contradictoires, avec l’arrivée de l’entrepreneuriat social, les deux font dorénavant bon ménage. En effet, quel que soit le statut juridique d’une entreprise sociale (SAS, SARL, association, etc.), son objectif reste la même : viser un objectif économique pour le bien social. Ainsi, les entreprises sociales peuvent donc œuvrer dans différents domaines comme :

 

  • La petite enfance,
  • Les soins,
  • La santé,
  • Les services de proximité,
  • La réinsertion sociale,
  • Etc.

 

Les entreprises sociales en France

Depuis les années 2000, l’entrepreneuriat social en France a connu un rebond impressionnant. En effet, les chiffres n’ont pas cessé d’augmenter d’année en année, avec un gouvernement de plus en plus engagé, et des entrepreneurs de plus en plus impliqués. Voici les chiffres clés concernant les entreprises sociales solidaires en France (dernière étude réalisée en 2013) :

  • 221 325 établissements ESS,
  • Près de 2.5 millions de salariés sont employés auprès de ces établissements,
  • 10.5% des salariés français travaillent dons pour des établissements ESS,
  • Les ESS ont ramené une contribution de plus de 100 milliards d’euros en 2013.

Étant donné que les ESS touchent différents secteurs d’activités, les entreprises sociales sont donc actuellement réparties un peu partout en hexagone. Et même si ces chiffres ne sont pas tout à fait d’actualité, il est donc évident que la situation a évolué d’année en année. 

 

Comment les entreprises sociales agissent dans l’économie ?

Les entreprises sociales, quel que soit leur statut, sont obligées d’appliquer un mode de gestion propre à elles :

  • Elles doivent consacrer au moins 50% de leur bénéfice à alimenter les réserves obligatoires. Il s’agit entre autres des réserves financières de la banque centrale. Ils servent à garder un équilibre monétaire stable pour tout le pays. 
  • Toute entreprise sociale n’a pas le droit d’amortir son capital, ou de le réduire. Il existe quand même des exceptions où cela est autorisé afin d’assurer la pérennité de son activité. 

 

L’utilité sociale

Pour exister, une entreprise sociale doit répondre au moins à un de ces critères : 

  • Apporter un soutien aux personnes fragiles : il s’agit par exemple des personnes vulnérables dans leur situation économique, sociale ou encore personnelle.
  • Contribuer à la lutte contre les exclusions en tout genre, les inégalités, l’éducation, etc. 
  • Participer au développement durable : transition énergétique, etc.

 

Comment créer une entreprise sociale ?

Comme pour vous lancer dans tout projet de création d’entreprises, vous devez passer par plusieurs étapes : 

  • Le choix de votre statut, activité, et la cause dans laquelle vous voulez vous engager,
  • L’étude de marché pour analyser si le projet est viable ou non. Cependant, vous devez garder en tête que l’objectif de votre société devra être purement sociale. Pour cela, vous avez le choix entre plusieurs secteurs (santé, aide à la personne, etc.). 
  • La création de votre business plan : nous en avons déjà parlé dans un de nos articles. Le business plan va contenir tous vos plans de financement de votre projet, mais aussi la recherche de toutes les personnes ressources, et de tous les matériels requis pour mettre sur pied votre projet. 
  • La création de votre entreprise sociale : il s’agit de toutes les démarches administratives selon le statut que vous avez décidé de choisir. Sachez qu’il existe des programmes d’accompagnements pour vous aider durant toutes les étapes de création de votre entreprise sociale. 

 

Les différents types d’entreprises sociales 

Selon l’article 1 de la loi du 31 juillet 2014  » les personnes morales de droit privé constituées sous forme de coopératives, de mutuelles, de fondations, ou d’associations régies par la loi du 1er juillet 1901″, voici la liste des entreprises de l’ESS :

 

 

  • Les coopératives : 

 

Cela englobe tous les entrepreneurs, agricoles, artisans, commerçant, etc. 

 

  • Les associations : 

 

Il est à préciser que 45% des Français appartiennent actuellement à une association. Une association peut aussi employer des salariés, cependant, l’association en elle-même devra être à but non lucratif. 

 

  • Les fondations :

 

Une fondation réunit des personnes physiques ou morales, qui ensemble, vont accomplir une œuvre dans l’intérêt collectif ou pour une cause précise. Différents donateurs peuvent y adhérer et procéder de façon ponctuelle ou non, différents types d’affectation de biens. 

 

  • Les mutations :

 

Elles visent à offrir à la collectivité, une couverture contre les risques concernant la santé et les accidents de la vie (assurance). Elles sont bien évidemment à but non lucratif. Actuellement, plus de 44 millions de Français sont couverts par une mutation. 

 

  • Les entreprises solidaires :

 

Il s’agit des entreprises qui ne sont pas du tout à vocation sociale, mais qui à travers de leurs activités ont une finalité sociale. Elles font généralement partie de l’ESUS ou entreprise solidaire d’utilité sociale. 

 

  • Les SIAE ou structures d’insertion par l’activité économique

 

Elles existent sous plusieurs formes, mais n’ont qu’une vocation : l’insertion sociale. Elles sont également des entreprises à but non lucratif. Leur principal objectif est le bien de la collectivité. 

 

  • Les entreprises adaptées et ESAT

 

Elles ont comme principal objectif d’employer les handicapés (à 80%). Elles offrent donc aux personnes handicapées d’exercer une activité rémunératrice.

 

  • Les sociétés commerciales d’utilité sociale

 

Il s’agit des sociétés commerciales, mais qui sont soumises aux principes de l’économie sociale solidaire (voir paragraphe sur la participation des entreprises sociales dans l’économie). 

 

Les 3 dimensions de l’entrepreneuriat social

Si le monde de l’entrepreneuriat est vaste et sans limites particulières, l’entrepreneuriat social trouve pourtant ses fondements dans 3 dimensions précises :

Le monde du commerce : 

Assimiler commerce avec social peut paraître irréalisable, seulement, il faut savoir que la dimension économique de l’entrepreneuriat social repose complètement dessus. Cela se traduit donc par la production de produits et services qui vont aussi participer à la croissance économique territoriale grâce à la création d’emploi.

Le monde du social :

Bien évidemment, l’entrepreneuriat implique la fixation d’objectifs qui vont servir à la collectivité. Il s’agit donc de répondre à des besoins environnementaux ou sociétaires. Il n’est donc plus question de bénéfice personnel. 

Le monde politique et institutionnel :

Pour être totalement efficace et atteindre une portée nationale, voire même mondiale, l’entrepreneuriat social doit collaborer avec l’État. Ces dernières années, il a été remarqué un réel soutien de la part du gouvernement vis-à-vis des entreprises sociales, mais aussi vis-à-vis de la promotion de l’entrepreneuriat sociale solidaire. 

 

Comment devenir entrepreneur social ?

Envie de rejoindre le mouvement et de devenir entrepreneur social ? Sachez quand même qu’il existe quelques prérequis. Sachant que chaque personne est déjà entrepreneur en quelque sorte (entrepreneur de sa propre vie !), on a donc tout au fond de nous, les capacités pour entreprendre. Cependant, pour que cela évolue dans le bon sens, il faut quand même travailler sur certains points comme les qualités de management, d’écoute, d’innovation et de créativité. De ce fait, même si passer par une formation ou spécialisation en entrepreneuriat social peut réellement être utile, faire l’impasse dessus est tout à fait possible. Cependant, toute la différence entre un simple entrepreneur avec de l’ambition, par rapport à un entrepreneur social réside dans deux points essentiels. L’entrepreneur social est :

  • Sensible au développement durable,
  • Agis pour le bien de la collectivité et non pour sa propre personne. 

 

Les caractéristiques d’un entrepreneur social

Un entrepreneur social doit forcément disposer de compétences entrepreneuriales, sinon, ses projets ne vont jamais aboutir. Pour cela, il est très donc très facile de repérer les personnes qui ont l’étoffe d’un entrepreneur dans la vie quotidienne :

 

  • À la recherche de la réussite : nous avons tous dans notre entourage, des personnes motivées à accomplir de grandes choses, des personnes qui n’hésitent pas à relever le défi, et à réussir leur vie que ce soit dans le domaine personnel ou professionnel. Ces personnes devraient donc se lancer dans l’entrepreneuriat social.
  • Une bonne capacité d’intégration : faire du social nécessite une grande faculté d’adaptation à son environnement extérieur. Un bon entrepreneur peut être un grand homme ou une grande femme d’affaires. Cependant, ils ne pourront jamais faire du social, oublier ses objectifs financiers, ne plus regarder en termes de gain, mais en termes de performance, etc. 
  • Un électron libre : un entrepreneur social ne veut pas rester dans les rangs et fermer les yeux face à des problèmes que l’on ne saurait cacher. Un entrepreneur social est indépendant, libre, mais impliqué dans les causes qu’il défend, et qu’il trouve justes surtout. 

 

Les qualités d’un entrepreneur social

Pour tous ceux ou celles qui souhaitent se lancer, sachez alors que pour être entrepreneur social, vous devez :

  • Être engagé : qu’importe la cause sociale ou environnementale dans laquelle vous vous êtes engagé, s’engager implique aussi tenir vos promesses, malgré tous les sacrifices que cela implique (sacrifice financier surtout).
  • Être sensible à l’intérêt collectif : se lancer dans les affaires sociales implique d’être totalement convaincu par l’utilité réelle des projets sociaux.
  • Être sensible au développement durable : il a été prouvé que le développement durable est l’un pilier de développement le plus important. Vous devez donc voir sur le long terme, et avoir la capacité de pratiquer une bonne gérance en tout temps. 
  • Avoir les idées claires : ni trop pessimiste, ni trop optimiste, l’entrepreneur social doit garder une lucidité en tout temps pour bien faire la part des choses. 
  • Mettre l’humain au cœur de sa préoccupation : tant que la dimension humaine et sociale de toute chose ne vous intéresse pas, vous ne pourriez pas être entrepreneur social. 

 

Entrepreneuriat social : un avenir pour l’économie !
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